Certains d’entre vous le savent. D’autres pas.
Ce dimanche 17 juin 2012 a été lancé une campagne par Stéphane « Alias » Gallay pour briser la mauvaise image des jeux de rôles. Initiative louable dans laquelle s’inscrit tout à fait la démarche d’ANDLR, qui prône les aspects inusités des jeux de rôles comme particulièrement constructifs
Mais pour être arrivé à cette vision au sein de l’Association, il faut bien que chacun de ses membres aie vécu une expérience constructive de cette sorte! Sinon, d’où viendrait la motivation et l’énergie de faire avancer une telle Association? D’où viendrait le courage de porter jusqu’au bout tous ces projets qui débouchent sur nos activités?
Les membres d’ANDLR qui le désiraient ont donc pu, et peuvent toujours, participer à cette initiative, et décrire leur perception des jeux de rôles et ce que ceux-ci ont pu leur apporter. Vous pouvez ici lire le résultat de leur prose. Et si par hasard vous auriez des doutes quant à l’application ou le réalisme de ceux-ci, allez jeter un oeil aux réalisations…
El’
Rôliste « papier » (cf. lexique en cas d’incertitudes) depuis 1993, MJ et GNiste depuis 1996, Orga GN depuis 2005.
L’une des phrases que j’entends probablement le plus souvent (et toujours trop à mon goût) à mon goût, sonne quelque chose comme « Toi, El’, tu ne peux pas comprendre. Tu n’as jamais eu de problèmes en société! »
Qui pourrait imaginer que l’huluberlu sans aucune gêne face à quelques centaines de personnes (par exemple pour certaines anim’s d’ANDLR) avait été un enfant timide qui n’osait qu’à peine parler à ceux qu’il ne connaissait pas? Une majorité, c’est sûr! Dans le plus parfait cliché de l’enfant timide, rêveur, j’ai trouvé dans les jeux de rôles un espace où laisser libre cours à mon imagination. Et c’est là que réside selon moi la clef du changement! Dans un jeu, il n’y a pas de gêne à avoir, puisque les règles même du jeu nous protègent! Et dans un jeu de rôles, on s’entraîne à parler avec les gens. A communiquer. A comprendre le fonctionnement des autres et de soi-même.
Passé les premiers temps, les premiers fantasmes inhérents à tout enfant qui découvre le monde, j’ai surtout découvert qu’en imaginant des situations dans ces jeux, j’apprenais à plus facilement me projeter sur des situations réelles pour autrui. Et finalement, d’une personne centrée sur ses problèmes, ces jeux tant décriés ont fait une personne axée sur la compréhension d’autrui. Oh, certes, bien loin de réussir à tout comprendre chez tout un chacun. Simplement, j’ai pris le goût d’essayer grâce à ce « tableau noir social » que sont pour moi les jeux de rôles en général et les GNs en particulier. Car oui: Sous prétexte de mettre un masque, celui de leur rôle, durant le jeu les gens enlève le leur, celui de leurs protections sociales. Et débarrassé de ces protections, on peut découvrir et se découvrir, humains, avec forces et faiblesses.
Outre cet aspect particulièrement important pour moi, et qui m’a conduit à créer les projets de jeux de rôles pédagogiques d’ANDLR, les jeux de rôles m’ont aussi amené à prendre confiance en moi en de nombreux domaines. Comment faire autrement quand on s’est engagé à organiser un événement pour une soixantaine de personnes? Impossible de les décevoir! C’est ainsi qu’un certain nombre de projets fous de l’Association ont vu le jour. Sur un défi personnel, un pari, parfois même sur un simple jeu de mot. Le « pourquoi pas? » érigé en manière d’appréhender les choses… C’est une forme d’excentricité qui amène à une ouverture d’esprit et une tolérance que j’ai toujours plaisir à découvrir chez les gens.
Dès lors, oui, je peux le dire: Le jeu de rôle est un élément désormais constituant de ma personne, et probablement le premier que les gens rencontrent, bien à leur insu le plus souvent… Et c’est d’ailleurs cet élément qui, souvent, me permet de me sentir à l’aise dans la majeure partie des groupes où je passe. Ces jeux offrent un espace de liberté propice à l’expression et la réalisation de soi-même dans le respect des autres. Et de la même manière que je suis heureux de faire mon petit devoir envers le monde quand j’encadre des enfants ou quand j’écoute des adultes, je suis heureux d’avoir accès à la formidable aventure du rôlisme.
Mais de même qu’une image vaut mille mots… Une expérience ne vaudrait-elle pas mille témoignages?
Aziraphale
Je suis rôliste. Comme d’autres sont sportifs ou musiciens, moi je suis rôliste.
Voilà dix ans, un ami m’a fait découvrir les jeux de rôle. Je ne sais pas ce qui m’a plu le plus : la possibilité de vivre des aventures extraordinaires les pieds sous la table ou de pouvoir partager mon goût pour la Fantasy avec des amis. Toujours est-il que la passion ne m’a plus quitté depuis…
Par la suite, j’ai rejoint deux associations. Avec la première, j’organise chaque année une convention de jeux (de rôle et de plateau). Avec la seconde, j’ai eu l’occasion d’animer et de présenter mon hobby dans une école et au Musée suisse du Jeu, en plus des activités de jeux de rôle grandeur nature proposées tout au long de l’année…
Qu’est-ce que le jeu de rôle m’apporte ?
Premièrement, une amitié durable. Mon noyau dur d’amis, c’est par le jeu de rôle que je l’ai rencontré. Deuxièmement, une vie associative bien remplie. Enfin, une possibilité de faire des actions impossibles que je ne pourrais pas réaliser : communiquer avec des fantômes, sauver la terre/l’univers des dizaines de fois, etc.
Rohan
Moi ? Rôliste !!! Et fier de l’être…
Permettez-moi donc de vous narrer une petite histoire : il était une fois un jeune collégien, solitaire, craintif et introverti, qui vivait sa vie au jour le jour, tentant tant bien que mal de survivre…
Un jour, un ami lui a proposé de s’amuser avec des épées en mousse (il fallait à l’époque une bonne dose d’imagination pour reconnaître des épées ^^). Après de nombreuses et épiques batailles, cet ami a ensuite suggérer de jouer à des jeux de rôles version papier. Et c’est ainsi qu’un monde nouveau est apparu devant les yeux de ce jeune collégien. Un monde où tout est possible. Un monde où chacun peut faire ses expériences. Un monde où réalité et imagination peuvent se mélanger. Un monde sans limites…
Ce n’est que quelques années plus tard, lorsque ce collégien avait utilisé le mot « kobold » dans un jeu du pendu (partie qu’il avait gagné bien évidemment ^^) qu’il s’était rendu compte qu’il était devenu un « rôliste ». Le rôlisme l’avait littéralement métamorphosé : en effet, il avait gagné confiance en lui, avait appris à respecter tout un chacun, avait amélioré ses capacités d’improvisations (particulièrement utiles lors d’un entretien d’embauche) et surtout, il s’était fait de vrais amis. Il avait enfin appris à savourer sa vie…
Ceci est mon histoire…
… et elle ne fait que débuter !
Usul
Lorsque j’ai découvert le rôlisme, ce fut bien plus que la découverte d’un moyen de passer du bon temps avec des amis (dans une cave, dans le noir, éclairés avec des bougies en sacrifiant des bébés. Ou pas.). J’ai trouvé tout d’abords un moyen d’apprendre à me connaître (quel personnage est-ce que je veux jouer ? Comment ? Que sera-t-il prêt à faire ?), puis un moyen d’expérimenter et d’évoluer… Le tout en s’amusant en plus !
Bien plus que cela, j’ai découvert que les jeux de rôles étaient aussi un merveilleux moyen d’épanouissement et d’apprentissage pour tous les âges, permettant de laisser libre court à son imagination, chose que les gens aujourd’hui font de moins en moins.
Depuis que mon aventure dans le monde des jeux de rôles a commencé, j’ai tellement appris et rencontré tellement de gens merveilleux (et d’autres que j’apprécie nettement moins évidemment) et désireux d’avancer avec moi. Et je souhaite cela à un maximum de personnes !
Les jeux de rôles pour moi ? Un nouveau monde où tout peut être réalisé, le meilleur comme le pire… Une sorte de tableau noir aux couleurs infinies !
Moi ? Rôliste, parce que je le vaux bien !



